Au piège du selfie

On juge de la santé d’un domaine au fait que ses représentants ne sont pas prêts à n’importe quoi pour l’argent. C’est sans doute ce que l’on peut penser de certains chirurgiens esthétiques quand ils parlent du selfie. Ce phénomène lié à la puissance du smartphone déclenche des envies de changements physiques que les chirurgiens trouvent infondées.
Ainsi pour un responsable d’une des sociétés françaises de chirurgie plastique, on peut parfaitement vivre sans souci avec une petite poitrine ou une petite bosse sur le nez mais avec le miroir grossissant de cet autoportrait téléphonique, voila que ses petits défauts sont exagérés et qu’on se tourne vers le chirurgien esthétique.
Au-delà de la satisfaction que l’on peut avoir à se dire que la cupidité à  des limites, ce phénomène est assez cocasse. Voilà que ceux-la mêmes qui estiment à ce point leur image qu’ils se font des photos en toutes occasions se découvrent à l’occasion de ces photos des défauts, des problèmes qui justifieraient de ne plus faire de photos.
Car c’est bien le principe du complexe qu’il interdit de s’exposer. Pour les fans d’émissions de témoignages, on se souviendrait d’une édition de Confessions Intimes dans laquelle la personne suivie avait tellement honte de son corps qu’elle ne s’habillait qu’avec des vêtements amples, accentuant son image de personne mal à l’aise.
Et d’ailleurs cette personne avait fait le choix d’une liposuccion en Tunisie, preuve que les mêmes causes produisent les mêmes effets. La leçon de cette actualité c’est qu’il faut se méfier du selfie. A trop vouloir se focaliser sur son image, on en devient prisonnier et c’est le sentiment qu’on en éprouve qui nous fait décider comment vivre.
Un smartphone récent, c’est cher. Une intervention de chirurgie plastique, ça peut l’être également.